Es-tu prt  mourir pour moi ?

C1_Blaguez.png


EN LIBRAIRE
LE 01/01/2000

Essai
160 pages
16,95 $
2-89485-151-0

Bookmark and Share

Vous blaguez sûrement...

par Jacques Ferron, François Hébert

LE LIVRE

Hubert Aquin vient de réussir son suicide et Jacques Ferron se trouvait, pour sa part, dans une fort mauvaise passe. C'est sur ce fond noir que le jeune universitaire François Hébert écrit à Ferron, le 30 mai 1977. Les deux s'écriront une centaine de lettres durant huit ans, s'enseignant l'un à l'autre et s'étudiant, se défiant à l'occasion et se confiant souvent, jonglant et potinant au fil de la plume, causant de littérature et de leurs enfants, de Dieu et du bingo, de leurs maîtres et des confrères, de politique un peu, et du reste.

 

Jacques Ferron

Médecin, écrivain et homme politique, Jacques Ferron est une véritable légende de la littérature québécoise.
Auteur polyvalent et prolifique, Ferron a abordé tous les genres littéraires, du théâtre à l'essai. Son style remarquable est au service d'une écriture socialement et culturellement engagée.

« Jacques Ferron est le seul romancier québécois qui ait tenté, tout au long d’une oeuvre maintenant essentielle, de nous donner une mythologie. Son écriture d’ailleurs hésite toujours entre le mythe et le réel, entre l’imaginaire, le rêve québécois et le quotidien. »
Victor-Lévy Beaulieu

Jacques Ferron a reçu entre autres le prix du Gouverneur général en 1963 pour ses Contes du pays incertain, le prix Duvernay en 1972 pour l'ensemble de son oeuvre, ainsi que le prix David, en 1977.

Du même auteur:

 

François Hébert

Professeur retraité du département des littératures de langue française de l'Université de Montréal, François Hébert a été directeur littéraire des éditions Quinze, critique littéraire au quotidien Le Devoir et directeur de la revue Liberté. Il a publié des récits, des traductions, des essais, ainsi que des poèmes.

Du même auteur:

 

Il y a quelques années j'assistai aux funérailles tout en blanc de Pierre Boucher, question de lui rendre une politesse, vu qu'il était venu faire sa dernière crise dans mon bureau, j'ai été épouvanté par le renouveau liturgique: plus de Dies irae, mais « ce n'est qu'un au revoir. » Duceppe, dans le banc d'en avant disait : « tout ce que je peux dire, ils n'ont pas amélioré le show. »  


J.F., 18/02/78


Au fond, ce n'est pas le corps qui se met en travers de toutes nos idées — mais la mort, nécessaire à l'existence de la matière, et de l'esprit — et à leur coexistence. Je ne puis proférer une seule parole qu'autrui, en même temps, entendrait. Stricto sensu, je ne vois rien, que « l'ombre » laissée par l'objet disparu. Ce doit être la loi fondamentale des sens que de nous tromper, obligatoirement. Ce sont les caresses qui le moins nous trompent. Pas sûr. Que nous reste-il donc à faire, dans ce fleuve du temps ? Peu sans doute. Arriver à une sorte de rire résigné. Devenir bête.