LE LIVRE
J’aime cette relation amour-haine qu’entretient le poète avec les mots pour en extraire le sang si essentiel à leur sombre beauté. J’aime ces allers-retours entre le sublime et le sordide, où des filles belles comme dans les annonces de shampooing illuminent les rues de Montréal de leur splendeur étrange, « corps nubiles enlacés dans la plus belle luminescence », nymphes contemplatives et souriantes, tandis que la neige tombe en bleu, blanc et rouge. J’aime cette odeur de provocation, ce laboratoire de feux d’artifice où des jeunes punks tentent de provoquer la chute des gouvernements. J’aime la fragilité des sentiments, ceux qui unissent les fauves des villes qui vont de « bad trip » en projets de survie. Un monde meurt et il faut vite en inventer un autre.
Jean-Sébastien Larouche s’est attelé à cette tâche avec toute la rage et la ferveur qu’on lui connaît depuis la parution de son premier recueil, Le pawn shop de l’enfer.
Jean-Sébastien Larouche
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